L’ART DE DREW STRUZAN (suite)

Par le plus grand des hasards j’ai découvert que, peu après l’édition du livre « L’art de Drew Struzan » dont je vous parlais ici, un documentaire va sortir le travail de cet artiste : Drew, the man behind the poster.

Sortit le 16 août aux USA, il semble que la diffusion en salle soit confidentielle et j’imagine qu’il faudras attendre une sortie en vidéo pour le voir (en france en tout cas).
Georges Lucas, Steven Spielberg, Michael J Fox sont de la partie et il semble qu’on y découvrira quelques une des techniques de peinture utilisées par D. Struzan, à défault d’avoir son talent pour le dessin !

Les infos sur le documentaire de Erik P. Sharkey et la bande annonce sont disponibles ici : http://drewstruzandocumentary.com

L’ART DE DREW STRUZAN

l'art de drew struzan

Vous ne connaissez pas Drew Struzan mais vous connaissez son travail, vous êtes peut-être même allé au cinéma grâce à lui, inspiré par une de ses affiches de film. De Retour vers le futur à Indiana Jones en passant par La ligne verte, dans ce livre il accompagne ses croquis et ses peintures finalisées d’un texte incisif sur son métier.

Bien que le quotidien de cet artiste ait été différent de celui de nombreux graphistes, il est très intéressant de voir que certaines scènes relèvent du vécu pour bon nombre d’entre nous. Je vous engage vivement à acheter ce livre – « L’Art de Drew Struzan » – pour les illustrations mais je me permet de vous retranscrire ici quelques morceaux choisis des truculents textes d’accompagnement :

– Ma responsabilité était de faire en sorte que le travail soit fait. Le studio ne savait pas ou ne se souciait pas de connaître la façon dont ça avait pu être fait.

– Occasionnellement les studios demandent « quelque chose de différent » […] mais souvent quand ils sont confrontés à quelque chose de radicalement différent, ils reculent et se raccrochent à ce qui leur est plus familier et confortable.

– La plupart du temps, quand les gens du studio regardent une affiche, ils ne perçoivent pas le travail de composition ou de style, ils ne voient que des éléments distincts. Ils vont dire : « on aime le camion, la fille, mais on veut que Jack soit plus grand ». (1)

– Après avoir été « amorcés », les gens du studio arrivent à un point ou ils commencent à aimer ou pas certains éléments. Mais ils ne peuvent pas savoir ce qu’ils n’aiment pas si il ne le voient pas.

– Tous ces allers retours sont liés au fait que les hommes d’affaires ne sont pas à l’aise avec l’art. Avec toutes leurs séances tests et leurs fiches, ils ne savent finalement pas grand chose. Ils essaient constamment de deviner, à l’aveuglette.

– On avait beaucoup de temps pour travailler dessus, et vous savez ce que ça veut dire : j’ai fini par retoucher sans cesse des portraits et ça m’à semblé prendre une éternité. Tous ceux qui voulaient se faire mousser chez Sony avaient une opinion sur ce que cette affiche devait être.

– Warner Bros a changé de directeur de la publicité au niveau mondial. Et quand une nouvelle tête arrive, elle veut éliminer tout ce qui à pu être approuvé par le régime précédent. (2)

– Le directeur artistique chez Lucasfilm voulait que Vador soit plus grand. En fait, beaucoup plus grand. Mais bon sang, où diable voulait-ils placer un Dark Vador plus grand ?

(1) Le grand classique « on veut le produit plus gros, le logo plus gros, le texte plus grand »
(2) Ce qui explique pourquoi les packagings de dentifrice changent tous les 1O mois. 

L’Art de Drew Struzan
Drew Struzan et David J. Schow
Éditions Akileos.
35€

NAÏVE, éditions gestalten

Non, je n’ai pas d’actions chez Gestalten mais il faut dire que :
1. c’est peut-être l’éditeur le plus productif actuellement côté graphisme,
2. ces livres sont toujours bien conçus avec des DA léchées,
3. ils sont bien distribués.

NAïVE, sortit il y à plus d’un an est passé au travers du blog. Rattrapage O-BLI-GA-TOIRE !
INDISPENSABLE parmi les indispensables… C’est le livre de chevet chez glumo, ce qui explique que même 1 an après sa sortie il faut en parler.

Palette ocre, simplicité apparente des illustrations, surimpressions dans tous les sens, voilà qui fait frétiller les papilles des yeux.

Les à plat ont du relief, les vecteurs ont de la matière, les typos prennent du sens : les année 40 et 60 remontent à la surface avec des créations contemporaines et souvent minimalistes. À l’opposé de ces visuels photoshops bourrés d’éléments dans tous les sens où la prouesse technique est plus intéressante que le résultat graphique.

Non, au contraire des visuels de tutorial photoshop, les visuels de ce livre sont sobres, reposants et touchants : on sent qu’ils sont faits avec amour et qu’ils servent leur cause avec sincérité et élégance.

Must Have.

NAÏVE modernism and folklore in contemporary graphic design,
Édition : gestalten,
175 pages, quadri
Première édition : avril 2009
Environ 35€

ILLUSIVE 3, éditions GESTALTEN

Je possède ce livre depuis sa sortie mais le temps passe et hop zappage en bonne et due forme…
Séance de rattrapage pour ce superbe livre issue d’une trilogie (à quand le N°4 ?) regroupant des illustrations toutes plus belles les unes que les autres.

Le format du bouquin est parfaitement adapté pour l’illustration, elles sont bien mises en valeur et l’impression est belle.
La DA du livre est exceptionnelle, contemporaine, diversifiée mais homogène, on glisse doucement de page en page d’un style à un autre sans choc graphique. C’est un vrai défi de relier avec autant de cohérence ces illustrations très variées.

Par dessus tout, chacun des illustrateurs présenté est une pépite de talent tellement la sélection est fine.
Avis valable pour les 2 précédents livres de la série.

Un must have (tout est dit !)

ILLUSIVE contemporary illustration part 3,
Édition : gestalten,
320 pages, quadri
Première édition : août 2009
Environ  45€

MINI GRAPHICS éditions promopress

De l’art d’être petit est le titre de la préface.
Dédié aux petits supports de communications faits par des petites structures, ce livre regroupe des centaines de cartes dont l’intérêt essentiel est dans la forme. De la carte de visite en bois, en métal, en plexi il y en à mais le plus intéressant sont des formes de découpes originales, des supports inhabituels ou des pliages osés.

Le livre commence mal avec, dès les premières pages, des travaux déjà publiés. Il contient malgré tout de nombreux travaux originaux comme – par exemple – des cartes qui nécessitent une intervention de celui qui la reçois (gratter, coudre…) pour révéler le message.

D’après la préface, les petites agences, les petits studios ou les graphistes indépendants feraient un meilleur boulot parce qu’ils sont plus impliqués et que leur structure courte permet des échanges plus précis et plus faciles avec leurs clients.
Je ne dirais pas contraire mais mais c’est ici que ce livre atteint ses limites.
La qualité graphique des projets n’est pas toujours à la hauteur du support développé mais là on rentre dans la subjectivité du choix éditorial. En effet, le livre aurait’il présenté des projets tout aussi originaux dans leur forme si il avait fallu trouver des projets graphiquement actuels et intéressants ? À leur place je n’aurais pas fait concession et réduit le nombre de page aux projets aboutis sur les deux plans, le visuel et le façonnage.

En revanche, et là c’est strictement la faute de l’éditeur, le livre ne met pas du tout en valeur les graphismes. Les photos sont ternes, manquent souvent de piqué (pour dire poliment qu’elle sont floues), globalement on à l’impression de feuilleter un vieux bouquin dont les pages ont jaunies et les couleurs ont passées. À tel point que j’ai vérifié l’année de sortie du livre (2010) !

Les pages sont blanches, les travaux majoritairement en couleur mais en refermant le livre on garde le souvenir d’un livre en noir et blanc… Curieux…

En conclusion, si on peut regretter que le design graphique de ces cartes soit globalement assez décevant (et que c’est accentué par une qualité de photogravure et d’impression relativement ratée), il est en revanche certain que vous trouverez là une source d’inspiration intéressante sur la forme de ces petits support de communication.

MINI GRAPHICS Un maximum d’impact dans un mini format
Éditions Promopress
384 pages, quadri.
Première publication : 2010, imprimé en chine
Environ 40€

CHEZ VOTRE LIBRAIRE PRÉFÉRÉ, IMPRESSIVE.

Le ptit dernier de ma bibliothèque est IMPRESSIVE de chez Gestalten et je vous le conseille fortement.

Le but premier de ce livre est de regrouper des travaux éxécutés avec des méthodes d’impressions « à la main » dans lesquelles on retrouve en vrac : screen printing (l’équivalent artisanal de la sérigraphie), rubber print (silicone découpé à la main), woodcut print (bois gravé), linocut (découpe de linoléum)…

Une technique vers laquelle je louche pour mes prochaines cartes de visite est le letterpress. Ce livre recèle de trésors fait avec ces presses qui sentent bon la mécanique des 50’s à 10km. Ces machines reviennent en force avec l’arrivée de nouveaux matériaux – les photopolimères – qui repousse les limites graphiques et facilitent le procédé.
J’imagine le papier, généreux et tendre, pressé avec la force d’une étreinte passionnée contre la presse. Qu’une douce pellicule d’encre tiède glisse sur le papier, là, ou le grain ainsi disparu laisse couler cette rivière de couleur… Voltaire sort de mon corps ! Ce livre c’est de la poésie.

Loin de l’offset et de ces quantités industrielles de mauvais papier imprimé, dans ce livre c’est le graal du graphiste que l’on retrouve : le dessin, l’encre, le papier et la machine : chaque étape laisse son empreinte et le résultat à bien plus d’âme que ce qu’on à l’habitude de voir.

Ce livre est également un recueil de magnifiques illustrations, ce qui sera pour quantité de graphistes l’attrait principal de ce livre.

IMPRESSIVE – gestalten – 48,90€ – librairie LazyDog du Citadium.